6 novembre 2026
Année historique : 1917

PASSCHENDAELE

La bataille de Passchendaele
L’honneur de bataille « Passchendaele » représente l’une des campagnes les plus éprouvantes et les plus « empoisonnées » de la Première Guerre mondiale. Il fut remporté par le 2e Bataillon d’infanterie canadien (le « Iron Second »), dont la lignée historique et les honneurs sont perpétués par les Governor General’s Foot Guards.
Le prélude : Après avoir été relevé du secteur de Lens à la mi-octobre 1917, le Bataillon marcha vers le nord jusqu’au saillant d’Ypres, établissant un bivouac humide dans la plaine désolée et dévastée par les obus de Wieltje. Le 4 novembre 1917, le quartier général du Bataillon — constitué d’une simple tente-cloche d’où l’eau s’infiltrait comme dans une passoire et chauffée uniquement par un brasero de coke fumant — reçut l’ordre d’opération d’attaquer la crête de Passchendaele.
Un front trompeur : Le front d’attaque prévu de 300 verges fut dramatiquement réduit à moins de 100 verges, car le marécage boueux de Furst Farm avait inondé le no man’s land sur toute la largeur du front de la compagnie de gauche. Les troupes furent ainsi forcées de se faufiler par un étroit goulot de terrain sec, sous le feu des obus allemands, pour progresser.
L’assaut (6 novembre 1917) : Partant à 6 h, dans la pénombre de l’aube, le Bataillon se lança vers l’avant pour prendre d’assaut les fosses de tirailleurs et les blockhaus en béton allemands fortement défendus. Ils progressèrent sans relâche le long de la crête vers leurs trois objectifs, soit Vegetable Farm, Mosselmarkt et Valour Farm.
Le message de la victoire : À 9 h 22 — un peu plus de trois heures après le début de l’attaque — le commandant, le lieutenant-colonel Lorne Tolbert McLaughlin, dicta un message historique transmis par pigeon voyageur au commandant de la Brigade, annonçant fièrement que le 2e Bataillon avait atteint son objectif final et consolidé ses positions.
Héroïsme sous le feu : Les combats furent marqués par des actes de bravoure individuelle extraordinaires. Le sergent Alexander Mason (originaire du 77e Bataillon d’Ottawa, servant alors au sein du 2e Bataillon) remporta la Médaille militaire (MM) pour avoir chargé seul un poste de mitrailleuse allemand, mis l’équipage hors de combat et capturé trois prisonniers. Lorsque son commandant de peloton et tous les autres sous-officiers devinrent des victimes, le sgt Mason prit le commandement et mena avec succès les hommes restants jusqu’à la capture de leur objectif final.
Le prix à payer : Bien qu’il s’agisse d’une victoire éclatante, le prix de cette avancée dans les marécages fut lourd. Le « Iron Second » subit 280 pertes, dont 41 tués, 211 blessés et 28 disparus.

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