Soldat (caporal par intérim) Leo Clarke

Contributions de :

GGFG Curatorial Staff

Pour l’action à Pozières le 9 septembre 1916.

« Pour sa bravoure des plus remarquables. Il fut détaché avec sa section de grenadiers pour nettoyer le prolongement d’une tranchée nouvellement capturée et couvrir la construction d’un « barrage ». Après que la plupart de ses hommes furent devenus des victimes, il construisait un « barrage » lorsqu’une vingtaine d’ennemis, accompagnés de deux officiers, contre-attaquèrent. Il avança hardiment contre eux, vida son revolver sur eux, puis fit de même avec deux fusils ennemis qu’il ramassa dans la tranchée. »

L’attaque du 9 septembre 1916 fut précédée d’un bombardement d’artillerie de trois minutes destiné à couvrir l’avance des compagnies nos 1, 2 et 3, la compagnie no 4 étant gardée en réserve. À 16 h 45, quatre brigades d’artillerie commencèrent à pilonner les positions allemandes. Malgré de nombreux tirs courts qui firent de lourdes pertes parmi les compagnies d’assaut, le 2e continua d’avancer. Malheureusement, le bombardement ne fut pas aussi efficace qu’espéré et, lorsque le pilonnage cessa, les Allemands, indemnes, regagnèrent rapidement leurs positions et engagèrent les Canadiens en progression. La compagnie no 2 atteignit son objectif et tira sur la gauche et le centre, où les compagnies 1 et 3 étaient clouées au sol sous un feu nourri d’armes légères et une artillerie allemande de plus en plus intense.

 

Au centre, alors que son commandant de compagnie agonisait, le Lt J.P. Pringle, un ancien soldat du Second, chargea une mitrailleuse ennemie qui s’apprêtait à balayer ses soldats immobilisés. Inspirée par son exemple, sa compagnie se leva et se lança dans une charge effrénée vers les tranchées ennemies. Les combats furent féroces, menés surtout à la grenade et à la baïonnette.

Cependant, le Sgt W.H. Nicholls et sa section de grenadiers n’avaient pas l’intention de céder alors que leur objectif était si proche. Ils avancèrent dans le réseau de tranchées allemandes et mirent en place un groupe de blocage pour tenir l’ennemi à distance. Une fois établi, le petit groupe progressa le long de la tranchée en la débarrassant des Allemands. Ils travaillèrent rapidement et obtinrent des résultats satisfaisants avant d’être contre-attaqués par une vingtaine d’Allemands commandés par deux officiers.

Le caporal Leo Clarke et le soldat Soppitt se portèrent à la rencontre de cette menace et, tandis qu’ils tenaient l’ennemi à distance, Clarke entreprit de construire une barricade temporaire. Voyant cela, les Allemands lancèrent un assaut déterminé. Clarke vida son pistolet à deux reprises, le rechargeant devant les assaillants. S’emparant d’un fusil abandonné, il tira sur l’ennemi qui approchait. Le premier des Allemands atteignit Clarke et le blessa d’un coup de baïonnette à la jambe. Clarke l’abattit aussitôt. Bien que blessé, le caporal Clarke porta le combat à l’ennemi, qui se retourna et prit la fuite. Clarke les poursuivit et les tua tous, sauf un qu’il ramena comme prisonnier. Il fallut lui ordonner de quitter le combat pour faire soigner ses blessures. Malheureusement, ni ses blessures ni son courage ne purent le sauver d’une action ultérieure, et deux semaines plus tard, il fut tué dans un boyau de communication entre Pys et Courcelette. Le caporal Leo Clarke reçut la Croix de Victoria à titre posthume.

 

Pozières fut l’une des batailles les plus sanglantes de la Grande Guerre. Avant que les Canadiens ne se joignent au combat, le 1er Corps d’armée australien (ANZAC) se battait déjà depuis plus de deux semaines. Les Australiens avaient subi des pertes et des blessés totalisant 23 000 hommes, soit la moitié de leurs effectifs. Alec Raws, du 23e Bataillon de Victoria, a dit : « On sent sur un champ de bataille comme celui-ci qu’on ne peut jamais survivre, ou que si le corps tient bon, l’esprit doit y laisser sa raison pour toujours. Car les horreurs que l’on voit et le choc incessant des obus sont plus que ce qu’on peut endurer. L’enfer doit être un foyer en comparaison. »

En fin de compte, la ville de Pozières fut rasée par l’artillerie australienne et canadienne, mais la bataille fut remportée au corps à corps.

(images et texte du ministère de la Défense nationale et du GGFG)

Manque-t-il des renseignements dans cet article?

Remplissez le formulaire ci-dessous pour fournir tout renseignement manquant à l’article ci-dessus.