
Transcription
Mon oncle, Leo Clarke – il était l’un des récipiendaires de la VC sur Valour Road; il y en a trois, et on n’a jamais connu, nulle part au monde, une rue – ou même un seul pâté de maisons – où il y ait eu trois VC.
Il est né à Waterdown, en Ontario. Quand la guerre a éclaté, mon grand-père a dit aux garçons – Leo et Charlie, mon père – « Avant de vous enrôler, vous devez d’abord rentrer à la maison », parce que Leo était parti avec une équipe d’arpentage dans le nord de l’Alberta, et papa travaillait à Regina. Papa est arrivé le premier et s’est enrôlé dans le 2e Bataillon ici, à Winnipeg, puis Leo, lorsqu’il s’est enrôlé, l’a fait avec un autre groupe. Ensuite, une fois rendu en France, il a demandé un transfert pour se retrouver avec son frère, ce qu’il a fini par obtenir d’une façon ou d’une autre. Ils se sont alors retrouvés tous les deux au 2e Bataillon, dans un groupe appelé… ce qu’ils appelaient « les Bombers ». Ils portaient très rarement des fusils – ils portaient des grenades – et on les envoyait en avant de l’avance normale pour, comme papa disait, « les amollir ».
Lors de la bataille de la Somme, ils devaient avancer et déloger l’ennemi de la tranchée pour que tout le bataillon puisse progresser. Papa a pris un groupe d’hommes et est allé à droite, et Leo a pris un groupe et est allé à gauche. Papa n’a pas rencontré beaucoup d’opposition, mais Leo en a rencontré pas mal. Tous les hommes de son groupe ont été tués, sauf un autre – son sergent. L’ennemi a avancé et a déboulé. Leo avait épuisé ses grenades. Il s’était acheté un pistolet automatique .45 qu’il portait, et lorsque l’ennemi a avancé et s’est jeté sur eux… papa l’a noté ici; il a dit qu’il y avait eu beaucoup de combats au corps à corps, dans lesquels Leo était très habile. Même s’ils étaient largement en infériorité numérique et que toutes leurs grenades étaient épuisées, Leo était à peu près le seul qui n’était pas blessé à ce moment-là, à part une blessure au genou, qui n’était pas assez grave pour l’empêcher de continuer. Il y aurait eu cinq Allemands qui se sont jetés sur Leo. Il les a abattus et en a assommé un, et il en a gardé un comme prisonnier. Plus tard, il a appris qu’on l’avait recommandé pour [la VC] pour avoir tué vingt-deux Allemands et deux officiers. Il a dit : « Le colonel est venu me féliciter », puis il a appris qu’on l’avait recommandé pour la VC.
Plus tard, des officiers sont arrivés et se tenaient au sommet de la tranchée, à observer et à essayer de voir ce que faisaient les Allemands et où ils étaient positionnés. On les a avertis que le reflet sur les jumelles pouvait indiquer aux Allemands où ils se trouvaient. On n’en a pas tenu compte à ce moment-là, et le bombardement a commencé. Papa s’est glissé dans une petite alcôve et Leo était plus loin dans la tranchée – il s’est mis dans une autre – et un obus est tombé à côté de Leo. Papa est sorti, il allait bien, et il a couru pour trouver Leo. Finalement, lorsqu’il a enlevé la terre au-dessus, Leo lui a souri et lui a dit : « Je savais que tu me trouverais, Charlie! » Le lendemain, alors que papa marchait, un motocycliste l’a interpellé et lui a dit : « Charlie, j’ai peur que ton frère soit mort. » Papa a dit que c’était la journée la plus longue et la plus difficile de sa vie.
http://www.thememoryproject.com/stories/3156:interview-with-leo-clarke/
The London Gazette – 26 octobre 1916, supplément 29802, page 10395
« No 73132 Soldat (caporal par intérim) Leo. Clarke, Inf. can. : Pour bravoure des plus remarquables. Il avait reçu pour mission, avec sa section de bombardiers, de nettoyer le prolongement d’une tranchée nouvellement capturée et de couvrir la construction d’un “block”. Après que la plupart de son détachement eut été mis hors de combat, il construisait un “block” lorsqu’environ vingt ennemis, avec deux officiers, contre-attaquèrent. Il s’avança hardiment contre eux, vida son revolver, puis deux fusils ennemis qu’il ramassa dans la tranchée. L’un des officiers l’attaqua alors à la baïonnette, le blessant à la jambe, mais il l’abattit. L’ennemi prit alors la fuite, poursuivi par le caporal par intérim Clarke, qui en abattit quatre autres et captura un cinquième. Plus tard, on lui ordonna de se rendre au poste de secours, mais il retourna au service le lendemain. »
Voir la Minute du patrimoine sur Valour Road au lien suivant :
https://www.historicacanada.ca/content/heritage-minutes/valour-road
Publié le 21 octobre 2016 à 2 h 10